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On a
pu lire ici où là que Jeanne Collonge tournait le dos à
la fédé, se lançait sur le long, etc
Il semble
bon de revenir sur la saison de Jeanne et son avenir dans le triathlon.
1ere partie de saison tout pour le court !
Intégré dans le collectif féminin pour les JO de
2012, la saison 2009 a débuté avec pour objectif de se préparer
au mieux pour les objectifs fédéraux. Les tests de début
de saison imposés par la fédération (bien que tout
le monde ne semble pas loger à la même enseigne ?. ) ont
été un premier objectif contraignant dans la préparation,
avec pour résultat 2 confirmations : une progression en course
à pied avec un chrono de 35' , mais toujours des difficultés
en natation
Jeanne : Je pense que des tests sur 1500 m natation et 10km sur
piste ne sont pas vraiment significatifs du niveau des athlètes
en triathlon, car d'une part il manque le vélo, et d'autre part
l'enchaînement des 3 disciplines n'est pas du tout pris en compte.
Pour ma part, la natation a été un échec, contrairement
à la course à pied. En plus, il fallait être prête
pour ces tests, et ensuite sur toutes les autres courses qualificatives
pour les monde. C'était difficile à gérer.
Il a ensuite fallu
ce tourner rapidement vers un enchainement de course et de déplacement
compliqué à gérer entre les épreuves fédérales
et le grand prix pour lequel le club de St Etienne semble ne pas pouvoir
se passer de Jeanne. La 1ere Coupe d'Europe et les championnats d'Europe
U23 se sont malheureusement déroulé dans des conditions
climatiques difficiles avec lesquelles Jeanne n'a jamais réalisé
de grandes performances.. Jeanne est même victime d'une chute en
vélo aux championnats d'Europe
Jeanne :
J'ai eu envie de tout réussir dès le début de saison,
car les objectifs étaient déjà de taille, tout ça
pour me qualifier aux championnats du monde U23. Au final, la pression
que je me suis mise a été plutôt néfaste :
être performant tout le temps est quasiment impossible naturellement
A vouloir trop bien faire, j'ai loupé les 2 premiers objectifs
qui me tenaient à cur : les France et les Europe.
Les championnats de
France sont un peu meilleurs avec une 2e place en U23. Mais cela ne permettra
pas à Jeanne d'être sélectionné pour les championnats
du Monde U23.
Jeanne : Comme
je l'ai dit, je n'ai pas vraiment été satisfaite des championnats
de France. Le déroulement de la course n'a pas été
celui que j'espérais. Je n'ai pas assez bien nagé et le
début du vélo a été très dur. Je ne
saurais pas expliquer pourquoi. Il n'y a qu'en course à pied que
j'ai pu revenir à la 4è place. Ce n'était donc pas
très positif !
Le
choix...
Après le grand prix de Beauvais (En 2009, Jeanne aura disputé
l'ensemble des grand Prix pour l'ASMSE Tri 42 et ceci sans doute au détriment
des objectifs fédéraux, mais cela reste son choix), nous
sommes alors déjà mi juin et Jeanne est sollicité
et enchaine les compétitions depuis le mois d'avril. La fédération
propose une nouvelle coupe d'Europe, voir une Coupe du monde en juillet,
mais Jeanne ne peux raisonnablement pas continuer ses efforts et nous
décidons de couper complètement une semaine début
juillet
.
Jeanne : J'ai eu du mal à prendre une décision quant
à cette Coupe d'Europe, qui allait pouvoir me servir à participer
à la Coupe du monde début août. Déjà,
je ne savais pas si j'avais réellement envie de participer à
une CM sachant que je risquais de ne pas m'y faire plaisir, aux vues de
ce que j'avais fait en ce début de saison. Alors pourquoi faire
cette Coupe d'Europe qui tombait mal dans mon calendrier
En même
temps, j'ai ressenti une certaine pression de la part de la Fédération
qui m'a plus ou moins dit que si je ne faisais pas ces 2 courses, ma qualification
pour les monde U23 était en péril ; ce que j'ai trouvé
plutôt injuste car ce n'était en aucun cas marqué
sur les critères sélectifs officiels. Cette année,
j'ai eu l'impression d'être sans cesse obligée de performer
sur toutes les courses, et il est venu un moment où j'ai ressenti
que cette pression m'épuisait, autant physiquement que moralement.
Vient alors la question
de la suite de la saison ? Jeanne apprend via un site internet ( ? ! !..
) qu'elle n'est donc pas sélectionné pour les championnats
du Monde U23. Cette non sélection n'est pas vraiment une surprise
au vu de la première partie de saison et si l'on se souvient que
Jeanne avait terminé avant dernière lors de sa dernière
participation à cette épreuve..
Jeanne : Voilà ce qui m'a le plus blessée et qui explique
mon silence sur la suite de ma saison : personne n'a pris la peine de
m'appeler pour me dire que je n'étais pas sélectionnée
aux championnats du monde U23. Je comprends la décision de la Fédé,
mais je ne comprends ceci. En effet, c'est en allant sur Onlinetri par
hasard que j'ai vu que mon nom n'était pas sur la liste des sélectionnées.
J'avoue que ça a été dur, et que j'en ai voulu à
la Fédé de son silence et de son indifférence.
Comme je ne voulais pas en rester là, j'ai préféré
rebondir et me fixer de nouveaux objectifs, dont l'Alpes d'Huez et Monaco.
Cette décision n'était pas du tout une attaque contre la
Fédé. Juste une envie de me faire plaisir et de me prouver
que je pouvais réussir. Malgré tout, je suis encore concentrée
dans la Préparation Olympique, et je souhaiterais m'y maintenir
pour voir jusqu'où je peux aller. Je ne veux rien regretter !
Des
questions ?..
C'est alors le moment de grande discussion et de remise en cause
!
Sur le triathlon CD de haut niveau (Championnat du monde, coupe du Monde,
etc..) , il faut un niveau ''minimum'' en natation ( nous y reviendrons
) et aussi être capable de faire des courses dans la course
Hors, Jeanne n'a jamais eu cette faculté. Si l'on fait un rapide
retour en arrière, toutes ces bonnes performance ont été
réalisées soit sur des courses très durs (Schlersee,
GP Embrun) et/ou sur des courses s'apparentant plus à des courses
sans drafting (divers chpt de France, Chpt Europe junior Autun) soit avec
un concours des circonstance favorable en natation et vélo (cf
Europe U23 2008).
Une grosse partie de l'entrainement depuis 3 ans porte pourtant sur un
travail spécifique : travail en groupe en vélo, divers enchainements,
travail explosif, travail musculation, travail psychologique, mise en
condition, etc.. Et si de belles améliorations en sont ressorties
force est de constater que cela reste insuffisant pour le très
haut niveau sur courte distance.
Jeanne : Je sais pertinemment que j'ai une marge de progression
plus réduite en natation qu'en vélo ou en course à
pied. Malgré tout, je commence à mieux me connaître
et j'ai trouvé des points sur lesquels je me plais à travailler
en natation. Je pense qu'il y a aussi tous les détails tactiques
et techniques, tels que les transitions, que je peux encore perfectionner
! Mais j'ai souvent eu l'impression de n'être soumise qu'à
une seule exigence : nager, nager, nager
Sinon, la course est finie
! Sur ce type de course où le drafting est autorisé et où
les différences ne peuvent pas se faire en vélo, je n'ai
jamais eu l'impression d'être actrice de la course. C'est tout de
même décevant quand on sait que le triathlon regroupe trois
sports
L'analyse.
Chaque individu possède des qualités naturelles, chaque
triathlète possède des capacités propres. Si l'on
se permet un rapide et petit retour historique, on peut citer les très
bons nageurs-rouleurs ( Dafflon , Houseaux, Cordier, Loisel, Sudrie, voir
Franck Bignet*, etc.. ) qui auraient tous tant aimer pouvoir courir un
jours comme Allen, Lessing ou Gomez
. Tous ceux qui malgré
des années d'acharnement ne parviennent pas à un niveau
suffisant en natation ( Cazorla, Girard, Lafarge, Degham, Lebrun , Louison,
Bastie, voir Fleureton * , etc
), eux qui auraient pourtant tant
aimé nager comme Poulat ou Bignet ! Et en allant plus loin, on
peut aussi citer en LD , les grimpeurs qui auraient voulu devenir rouleur
ou l'inverse
Mais les triathlètes ont quelques choix ! Le CD avec drafting,
bien que certains voudraient le faire croire n'est pas le but ultime.
Notre sport et même s'il le faut d'autres sports ( exemple de Tuerig
ou Pittel ) présentent bien des pratiques qui peuvent permettre
à chacun de s ' épanouir suivant ses qualités ! Cazorla,
Girard, Lafarge, Lebrun, Dafflon, Houseaux, Cordier, Loisel, et Louison
ont ( ou ont eu.. ) de superbes carrières en construisant leur
palmarès sur des épreuves qui correspondent à leur
qualité. Sudrie en se tournant sur le sans drafting semble prendre
la même voie
. Tous sont - ils moins admirables ou respectables
que Bignet et Fleureton ?..
La démarche d'athlètes comme Bignet et Fleureton qui, malgré
les difficultés et sans doute des avis contraire, ont persévérés
et continuer à progresser sur leur point faible jusqu'à
réussir à s'imposer parfois sur les épreuves de plus
haut niveau est admirable et respectable. Mais tous les 2 n'ont pu atteindre
ce qui semble être le ''gral'' du CD : les JO !... Loin des exceptions
qui confirment la règle, il est bon de rappeler que Cédric,
grand " bagarreur ", était novice en natation et a construit
une faculté à profiter de tous les éléments
de la natation en eau vive. Et Franck, comme son frère Stephan
avait un tel niveau dans les 2 premières disciplines qu'il pouvait
espérer faire la différence avant la CP
Jeanne Je suis d'accord sur le fait qu'il est difficile de changer
les qualités premières d'un athlète, même s'il
n'est pas impossible de faire de ses points faibles des points un peu
moins faibles
Après tout, c'est aussi une motivation à
l'entraînement de vouloir progresser sur ses faiblesses !
Hors pour revenir
à Jeanne, en plus de son manque de goût pour les changements
de rythme, les bousculades, les prises de risques, etc.. elle reste aussi
très limite en natation par rapport au niveau demandé
Et même s'il faut se convaincre qu'il n'y a pas de limite ! On doit
aussi bien admettre que plus on les repousse, plus l'espérance
de gain devient minime
Même Bolt finira bien par ne plus battre
ses records !
Un historique de l'athlète est primordiale, Jeanne nage depuis
15 ans, elle a plus ou moins arrêté la natation pour passer
au triathlon parce que, comme on le dit souvent, elle " plafonnait
" et avait de ce fait beaucoup de pression et de moins en moins de
plaisir
Elle est donc tout sauf nouvelle dans cette discipline,
où à son âge une Laure Manaudou a arrêté
depuis 2 ans
Les avis avec ses entraineurs natation se rejoignent
et ils semblent donc que quelques faits se regroupent...
La relation entrainé-entraineur...pas
toujours simple !
Tous ces éléments sont donc abordés entre l'athlète
et son entraîneur et si le discours doit rester positif, le "
coach " se doit de dire ce qu'il pense à l'athlète.
Et cela même si ce dernier préférerait plutôt
entendre que tout est possible sans trop d'effort ! ou même que
tout est possible avec énormément d'effort ! ou même
encore que tout est possible avec énormément d'effort
voir un petit quelque chose en plus
.
Dans un milieu de l'entraînement un peu ''business'', il est plus
facile d'attirer et surtout de garder le client en promettant des miracles
Alors certes, l'entraîneur comme toutes autres personnes de l'entourage
de l'athlète est malheureusement susceptible de se tromper dans
son analyse et son jugement
Nul n'est infaillible ! Une force de
l'athlète peut être de lui démontrer qu'il se trompe
en allant chercher ailleurs d'autre méthode , d'autre avis,
Et c'est aussi pour cela qu'il est important de ne pas mettre des barrières
aux athlètes. La collaboration ne doit pas découler d'une
obligation, mais toujours d'une volonté partagée d'avancer
ensemble. (Ceci n'est pas toujours vrai en sport collectif où l'entraîneur
est souvent imposé aux athlètes. Mais c'est un autre sujet
!..)
Mais dans aucun cas l'entraîneur ne devra rompre la confiance construite
avec l'athlète en mentant à celui ci ! Quel que soit le
but du mensonge
Jeanne: Je n'ai jamais attendu de mon entraîneur qu'il me
dise que c'est très bien lorsque c'est faux. Au contraire, ça
me donne la " rage " lorsque j'entends le contraire et j'ai
envie de lui prouver qu'il ne m'entraîne pas pour rien ! Je pense
que la relation entraîneur-entraîné est primordiale,
et la confiance est un élément clé de la réussite.
Si des éléments extérieurs viennent mettre le trouble
dans cette relation, comme cela a été le cas pour moi dernièrement,
cela devient compliqué moralement. Personnellement, j'ai pris des
avis à droite, à gauche, j'ai analysé les pours et
les contres, et j'en suis venue à la conclusion suivante : c'est
Christophe à qui je fais le plus confiance, même avec du
recul et en toute objectivité, et c'est avec lui que je veux rester.
Le
constat, les choix de la fin de saison ( LD Alpes d'Huez, 70.3 Monaco
)
Ces échanges et ce constat sont à ajouter au fait, plus
qu'important, que le plaisir n'est pas toujours présent pour Jeanne
sur ces épreuves avec drafting . Et le calendrier fédéral
ne propose plus d'objectif motivant sur la 2e partie de saison.
Le choix est donc fait de participer pour la 1ere fois à une épreuve
importante sans drafting et donc forcement longue distance
L'Alpes
d'Huez est cet objectif ! Les caractéristiques de Jeanne l'a prédispose
plus à des circuits sélectifs que roulant (et ce quelque
soit le format avec ou sans drafting !..).
Ensuite, comme la sélection en équipe de France LD n'est
pas d'actualité à Gerardmer (Les critères imposaient
une participation aux France LD), le soleil de Monaco et une éventuelle
qualification pour Clearwater prend le dessus sur la belle épreuve
Vosgienne et son climat parfois rigoureux
Jeanne : Retour sur ses 2 épreuves
Le triathlon de
l'Alpes d'Huez est le plus beau souvenir de cette saison. D'une part parce
que j'étais motivée à bloc, et d'autre part parce
que ça s'est passé comme je l'espérais! J'ai pensé
à cette course du jour où j'ai décidé d'y
participer jusqu'à la fin. Ce type d'effort était nouveau
pour moi et j'avais très envie d'y goûter. Ma natation s'est
bien passée, mieux que sur un sprint ou un CD. En vélo,
j'ai décidé d'être prudente car je savais que le parcours
était très exigent et que pour être forte jusqu'au
bout il fallait gérer. J'ai pu grimper l'Alpes d'Huez avec encore
un peu de jus dans les jambes ! Ce qui m'a permis de faire une bonne course
à pied et de revenir sur Erika Csomor, pour finir à la 2è
place derrière l'intouchable Nicola Spirig.
J'ai ensuite décidé de faire Monaco, après avoir
longtemps hésité avec Gérardmer. Je me suis dit que
je pouvais me faire plaisir là-bas, et pourquoi pas me qualifier
pour Clearwater, même si le plateau était relevé.
Et en effet, je me suis fait plaisir ! Je suis contente de ma natation
(sauf des méduses qui sont venues me chatouiller !), qui m'a montrée
encore une fois que plus c'est long, mieux je nage. En vélo, j'ai
essayé d'être proche de mon allure CD tout en en gardant,
pour la suite
La course à pied a été une lutte
acharnée avec Marion Lorblanchet ! Après être revenue
sur elle, elle m'a redoublée à 2 ou 3km de l'arrivée
pour finir 2è
J' " échoue " à 20
secondes d'elle, mais cette 3è place me satisfait beaucoup, et
me permet d'aller à Clearwater !
Les Monde 70.3
Place maintenant aux " monde " 70.3, sur un parcours un peu
différent de celui de l'Alpes et sur lequel Jeanne sera bien moins
à son avantage. Mais contrairement à la natation, elle est
complètement novice sur ce type d'épreuve et ses capacités
à " rouler " seul face au vent reste à découvrir
!..
Jeanne : Je suis consciente que cette course ne va pas ressembler
à l'Alpes ni à Monaco, et que le profil n'est pas celui
que j'affectionne ! Malgré tout, c'est un défit, et je vais
voir si j'arrive à me défendre sur un parcours tout plat.
Je suis très motivée et j'ai hâte de voir à
quoi va ressembler cette course !
Conclusion
Cette 2e partie de saison a permis à Jeanne de retrouver du plaisir,
mais aussi de s'entraîner et de nager avec moins d'attente et de
pression. Elle semble forte, bien dans sa peau et épanouie dans
sa pratique sportive ! Et cette démarche préméditée
peut s'avérer profitable dans sa recherche de progression quel
que soit le format de course
Car Jeanne n'a pas dit son dernier
mot sur courte distance et elle tentera encore en 2010 de faire de son
mieux sur les objectifs fédéraux. En sachant désormais
que le triathlon n'est pas que cela et qu'un échec sur CD (qui
ne sera jamais la fin du monde ! ) ne sera même pas la fin du triathlon
du haut niveau ! Après à choisir entre le plus prestigieux
le court ? le long ? C'est un autre débat !..
Jeanne : Depuis que j'ai décidé d'arrêter de
me mettre la pression en natation, je me sens mieux dans l'eau ! L'aspect
psychologique doit y être pour beaucoup
En ce qui concerne mon avenir en triathlon, je souhaite poursuivre le
court pour voir jusqu'où je peux aller et surtout voir si je peux
arriver au niveau pour me confronter aux meilleures de la distance. La
Préparation Olympique est toujours un objectif pour moi. Cependant,
je ne m'arrête pas à ça. Pour moi, le haut niveau
en triathlon n'est pas que le court, que les Jeux. C'est aussi le goût
du long, d'un effort différent, mais tout aussi glorieux. Je n'ai
pas envie de me priver d'un autre Alpes d'Huez !
Surtout, je n'oublie pas que le triathlon n'est
que du sport, et que le sport n'est bon que lorsque c'est un plaisir,
une passion !
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